ISOLATION MODE d'EMPLOI

QUEL ISOLANT & QUELLE MÉTHODE CHOISIR ?

Grande bataille d'idées, de méthodes et de matériaux, on en est, pour la plupart encore aujourd'hui, à se poser des questions sur la qualité des isolants et leurs mises en œuvre. 

 
Avant toute chose, il conviendra d'approfondir quelques bases et les paramètres entrant en jeu dans l'isolation, sans cela, il sera bien difficile de comprendre pourquoi il est préférable d'utiliser tel isolant, ou d'employer telle méthode d'isolation. Quelque soit le mode opératoire choisi et l'isolant utilisé, vous aurez obligatoirement des transferts de vapeur d'eau et d'humidité dans les parois. Un petit cours de physique qui reste abordable par tous, réalisé par Samuel Courgey, technicien référent et formateur, co-fondateur d'Effinergie.
 
 

Une fois compris les transferts de vapeur d'eau et d'humidité, il y a Isolation & Isolation 

 
 

ISOLATION, une question pour voir si on parle de la même chose !

 
Une discussion que j'ai avec beaucoup de monde sur les questions d'isolation :
 
Moi : Votre maison est elle bien isolée ?
Vous : Ma maison est bien isolée, pas de problème de ce coté
Moi : Si elle est bien isolée, vous ne chauffez pas alors, ou juste 2  semaines par an au max !
Vous : Non, mais ma maison est bien isolée.
 
 
On pourrait donc continuer longtemps comme ça...  
A PRENDRE EN COMPTE : Une maison réellement bien isolée n'a pas besoin de béquille thermique, le chauffage ou le rafraîchissement ne venant que corriger les problèmes d'isolation de la maison. Si vous avez compris cela, un pas vers plus de compréhension sera réalisé.
 
 
Pour aller plus loin, un test facile et qui ne coûte rien :
 
Si vous pensez que votre maison est bien isolée, à 0°C extérieur, il suffit juste de couper le chauffage et d'attendre? Si vous avez un plancher chauffant, prenez 24 heures de plus pour que la masse du plancher chauffant ne vienne pas fausser les résultats.Si dans les 24 h suivantes (48h avec un plancher chauffant), les températures n'ont baissées que de 1°C, et 1°C de moins 48h après, et que les températures se stabilisent à 17°C sans chauffage à la fin de la semaine, alors, vous êtes bien isolé, sinon, la copie sera à revoir.
 
 
Quel type d'isolant ?
 
Isolants naturels
 
D'origine végétal ou animal, ils ont l'avantage que n'ont pas les autres types d'isolants (sauf le Multipor), la régulation de l'humidité ou la perspiration. Pour le déphasage, seule la plume est largement en retrait
 
 
Laine de bois
laine de chanvre
liège
chanvre & chaux
plume de canard
laine de mouton
paille
 
 
Isolants Minéraux
 
Laine de verre
laine de roche
 
Multipor ou Isocell minéral
 
 
Isolants Synthétiques
 
Polystyrène (expansé ou extrudé)
polyuréthane ou PU
 
 
Isolants Minces
 
 
 
Et les différents types de poses
 
 
Isolation Thermique par l'Intérieur ou ITI
pose d'isolation à l'intérieur de l'habitation, la solution la plus facile, quelquefois la seule solution possible.
 
CAS D'UN MUR EN PIERRE, l'assemblage peut être aussi en terre ou en chaux
 
Sur des murs en pierres, dont l'épaisseur est de 50 à 80 cm par exemple, s'il n'est pas possible de réaliser une isolation par l'extérieur a cause de la proximité de la route, le choix se porte à ce moment sur une isolation par l'intérieur. Cependant le choix de l'isolant dans le cas de ce type de murs est primordiale. 
 
Un murs en pierre régule de lui même son humidité qui vient du sol et remonte par capilarité, en l'évacuant vers l'extérieur, en général, ces murs anciens sont montés sans fondation, ce qui impose de vrais connaissances du bâti ancien pour ne pas faire n'importe quoi. On évitera sous risque de désordre et comme on le voit encore trop souvent, l'utilisation d'enduits ciments à l'extérieur et d'isolations intérieurs non perspirantes comme les laines minérales ou polystyrène, qui empêchent là aussi l'évacuation, donc la régulation de l'humidité d'un coté comme de l'autre du mur. L'humidité étant comme l'eau, elle sortira de toute façon d'une manière ou d'une autre. Donc soit plus haut, dans la partie habitable, soit encore plus haut en pourrissant les poutraisons par exemple.
 
Le risque pour le bâti lui même est sérieux, le problème avec des enduits ciments, est que le mur se désagrège lui même par l'intérieur ou simplement que les enduits ciments s'en aillent avec une partie des murs. Pour vous en rendre compte, il suffit de regarder le nombre de murs en pierre enduits au ciment et de voir les fissures qui s'y rapportent.
 
Un mur en pierres se dilate, pas les enduits ciments, seul les enduits à la chaux (la chaux est issue d'une la roche calcaire à la base) accompagnent les dilatations des murs. Comment penser qu'un enduit de même quelques centimètres d'épaisseur, puisse tenir à la dilatation d'un mur de pierre ou de pisé de plusieurs dizaines de tonnes qui s'allonge.
 
 
Un exemple monumental :"les remparts de Marrakech", qui entourent la Médina et la vieille ville. Réalisés en pisé, des travaux de rénovation ont été entrepris il y a quelques années avec des enduits ciments. Vous pouvez voir sur ces photos, que même armés, les enduits n'ont pas tenu. Tout à donc du être refait, et à la chaux bien sûr !
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Chaque construction étant unique, une étude au cas par cas est de toute façon nécessaire. Préférez des enduits perspirants à la chaux et des isolants qui laisse pespirer les murs comme des mélanges de chanvre et chaux ou briques de chanvre. 
 
Sur des murs en pierre, dans le cas ou une isolation extérieur est possible, on réalisera aussi une correction thermique du mur par l'intérieur.
Par exemple : Isolation extérieur en brique de chanvre (lame d'air de 2cm entre le mur et le bloc de chanvre), et enduits correctif en chanvre et chaux de 3cm pour corriger l'effet de parois froide.
 
 
 

CAS D'UN MUR EN PARPAING ISOLÉ PAR L'INTÉRIEUR

 
L'isolation est soit collée via des plots, posé contre le mur ou mis en forme par l'intermédiaire de rails de montage sur lesquelles viendront se fixer les plaques de finitions (plaques de plâtre BA13 ou similaire).
 
Pour les maisons construites sur ce modèle :
 
les murs sont en parpaing ou bloc béton : 
le parpaing n'a pour lui, aucune fonction intéressante si ce n'est son prix. Il est hygrophobe (absorbe l'humidité) mais ne sait pas réguler l'humidité, caractéristique mécanique moyenne, isolation inexistante ou presque, La conductivité thermique du bloc béton est de 0,9 W/m.K, un R de 0,22 m2.K/W. La nouvelle réglementation thermique RT2012 demande un R de 4, soit 18 fois plus isolant. Construire un mur en parpaing demande donc une isolation "beaucoup" plus performante et une mise en œuvre obligatoirement "parfaite", ce qui n'existe pas dans l'absolue.
Un peu de masse pour le bloc béton mais comme elle reste à l'extérieur, aucune utilité que ce soit pour le chauffage ou le rafraîchissement.
 
L'isolation intérieur est minéral ou synthétique :
C'est la qualité de la pose qui fait une moyenne ou une mauvaise isolation, le point de rosée (le moment ou la vapeur d'eau se condense pour donner de l'eau) se fait entre le mur coté intérieur et l'isolant. le plus petit défaut (une fente d'1mm par exemple, dans la continuité du part vapeur de l'isolant) est encore plus problématique pour la future réglementation RT2012, 
Comparativement, les maisons construites à ce jour avec ces complexes isolants sont des usines à courant d'air et l'isolation étant approximative, ce sont ces courants d'air qui régule l'humidité de la maison, pour la RT2012, un test à l'étanchéité à l'air devient obligatoire. La moindre imperfection verra donc se concentrer tous les problèmes.
 
Une isolation intérieur ne protège pas la masse de la maison sur les constructions traditionnelles, cette masse est au contact directe de l'extérieur, le froid ou le chaud. 
N'ayant pas de masse protégée et une isolation perfectible, vous devez chauffer ou refroidir pour maintenir une température agréable dans la maison.
Dans ce cas, vous ne chauffez en général que l'air de la maison et non les murs (la chaleur monte, pas facile donc de chauffer la dalle avec des radiateurs par exemple...) 
Chaque prise est un pont thermique puisque vous avez dans la majorité des cas, un trou réalisé dans le placo et dans l'isolant.
Il suffit d'enlever une prise de courant ou un interrupteur en hiver (attention à l'électricité) pour vous apercevoir du problème.
 
L'étanchéité à l'air sera aussi beaucoup plus compliqué à contrôler et à corriger qu'avec une isolation extérieur.
 
 

CAS D'UN MUR EN BRIQUE TERRE CUITE, PIERRE PONCE ou THERMOPIERRE ISOLÉ PAR L'INTÉRIEUR

 
L'isolation est soit collée à l'intérieur via des plots, posé contre le mur ou mis en forme par l'intermédiaire de rails de montage sur lesquelles viendront se fixer les plaques de finitions (plaques de plâtre BA13 ou similaire).
 
Pour les maisons construites sur ce modèle :
 
les murs sont en briques de 20 en général, collés ou non.
Dans cette configuration, on est sur une solution qui laisse perplexe, détaillons :
  1. la brique Terre Cuite, Pierre Ponce ou Thermopierre est isolante, rien à voir donc avec le parpaing qui n'isole pas.
  2. Ces briques régulent l'humidité
  3. une masse intéressante car elle peut créer un intérieur sain
Avantages
  1. Elles augmentent au final la résistance thermique du mur en permettant aux isolants comme les laines minérales de ne pas se désagréger dans le temps
  2. régulation de l'humidité contenu dans l'isolant, attention, pas de l'humidité dans la maison sauf si utilisation d'isolant perspirant avec freine vapeur.
Inconvénients
  1. La masse du mur est "TOUJOURS" à l'extérieur, donc la fonction régulation thermique est limité à la résistance thermique du mur nu, dommage...
  2. On perd les caractéristiques principales qui fait la différence avec le parpaing, la régulation hygrométrique, l'isolant étant devant le mur !!!, et en comparant avec un isolant même perspirant et écologique, le freine vapeur "freine" justement la vapeur d'eau (c'est fait pour ça) - dans le cas d'une laine minéral, c'est un pare vapeur (il bloque la vapeur d'eau, car la laine de verre toujours pour l'exemple ne sait pas gérer l'humidité) 
  3. Vous avez toujours des murs en carton, des constructeurs qui mettent du Fermacell se font rare.
  4. Même en rajoutant plus tard une isolation extérieur, vous n'arriverez jamais au même confort qu'une construction avec isolation uniquement extérieur, car vous ne chaufferez réellement que la masse de l'air, pas terrible donc pour l'été par exemple.
  5. Si vous utilisez un poêle ou une version lourde comme un poêle de masse par exemple, la chaleur du poêle va irradier les murs qui vont stocker cette chaleur et la redistribuer sans vous en rendre compte. Vous aurez dans ce cas, un confort thermique doublé d'une régulation de l'humidité d'excellente qualité. Une humidité plus faible l'hiver, vous permet de moins chauffer. l'humidité étant directement gérée par le mur lui même, la double flux n'ayant un rôle que de renouvellement de l'air. Difficile de faire mieux, sauf que dans votre situation, c'est raté !
 

Des erreurs facilement identifiables

 
VatMx TV
 
 
 
 
 
Isolation Thermique par l'Extérieur ou ITE 
 
L'isolation extérieur est un procédé d'isolation thermique par l'extérieur, réalisable aussi bien en neuf qu'en rénovation.
On change de procédé et de méthode. mais dans ce cas aussi, il faut être vigilant.
 
L'isolation thermique extérieur en rénovation avec déjà, une isolation intérieur minéral ou synthétique :
La majorité des problèmes qui vont survenir dans les programmes de rénovation énergétique seront du à la mauvaise prise en compte de la gestion des flux d'humidité et de vapeur d'eau dans les complexes isolants.
 
Si vous avez par exemple un mur ayant une isolation en laine de verre de 10 cm à l'intérieur, il vous faudra réaliser une isolation extérieur ayant une résistance thermique supérieur, au risque évident que le point de rosée se fera dans le mur ou entre le mur et l'isolant intérieur, l'humidité avec une isolation type polystyrène ou enduits plastique extérieur empêchera l'humidité de s'évacuer, et par l'intérieur par la même occasion, via le "pare vapeur" de l'isolant lui même. 
 
Une grande attention est donc à porter sur la solution choisie pour ne pas risquer que cela devienne catastrophique.
 
 
 

Exemple d'isolation par l'extérieur sur du monomur brique

 
 
Photo d'une maison en monomur roulé de 37,5 cm, cet exemple est le mien, 16 cm de laine de bois (Steico) en isolation extérieur. Après essai d'un hiver, 10 cm de plus seront rajouté, pour parfaire l'isolation. 
A -17°C, le monomur face extérieur, était descendu à 0°C dans la cage d'escalier non chauffée, avec le rajout de 10 cm prévu, le monomur restera à température positive et ce sans chauffage aucun. Donc dans la partie habitable, une température attendue de 18°C  à -15°C sans aucun chauffage. 
Pour exemple, la température au bout d'une semaine sans chauffage (absence pendant 5 jours) était descendu à 16°C par -10°C (sans étanchéité à l'air, sans la batterie eau chaude de la double flux, avec la trappe à chat non étanche à l'air et une porte d'entrée double vitrage non isolante). 
 
 il restera à isoler la sortie de dalle extérieur pour ne pas faire radiateur à l'air libre.
 
 
Dans tous les cas, le monomur brique ne peut se suffir à lui même, sauf peut être la Porothon T8 de chez Wienerberger avec un R=5,35 m2.K/W. 
Quoique, comparativement, de mon coté le mur actuel à un R = 6,85 m2.K/W., avec le rajout de 10 cm, le R passera à R=9,25 m2.K/W. plus en adéquation pour viser le passif.
 
 
 
 
L'isolation extérieur est un des postes le plus important dans la construction d'une maison, c'est lui qui va conditionner au final, la plus grosse partie des gains ou des dépenses d'énergie.
Beaucoup plus lourd à mettre en œuvre que l'isolation par l'intérieur, elle reste aussi plus performante à tous les niveaux.
Quelques critères sont cependant à respecter pour parfaire la qualité de l'enveloppe et surtout le bien être intérieur.
 
L'intérêt ici d'une isolation extérieur pour cet exemple, reste de garder la masse à l'intérieur et d'empêcher la chaleur ou la fraîcheur accumulée dans le monomur de s'en échapper. 
pourquoi de la laine de bois en isolation extérieur? tout simplement pour garder au mur brique, sa capacité de régulation de l'humidité. 
A l'intérieur, un enduit à la chaux et rien d'autre.
 
Sur ces photos, on peut voir l'avancement de l'isolation, la dernière couche est réalisée en panneau de fibre de bois dense prêt a crépir de 6cm  d'épaisseur.
 
Des sondes ont été placées entre les couches d'isolation pour vérifier les températures de la laine de bois et du monomur
 
Je change actuellement ces sondes de thermomètres par des sondes PT1000 + PT1000 d'hygrométrie, directement reliées sur une régulation UVR1611, qui permettra de visualiser en temps réel, les températures et hygrométrie du mur sur l'année. 
D'autres chantiers sont en préparation avec ces sondes témoins, maison avec isolation intérieur laine minéral, parpaing sans isolation, maison en paille, ect...
 
Je connais déjà les résultats pour les vivre au quotidien, mais beaucoup d'entre vous se posent des questions, et si je racontait n'importe quoi !
Je ferai donc le nécessaire pour rendre ses résultats visibles et compréhensifs pour tout le monde.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Exemple d'isolation par l'extérieur sur du thermopierre
 
Photo d'une maison en thermopierre de 25cm , sur laquelle on ajoute 12 cm d'Isocell minéral extérieur. 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Conclusion :

 

Une maison confortable toute l'année et économique devra conjuguer plusieurs critères :

 
  1. Étanche au courant d'air (un test d'étanchéité à l'air pour vérifier est nécessaire, l'achat d'un testeur d'étanchéité à l'air est très vite rentabilisé : Blowcontroler)
  2. Une régulation naturelle de l'humidité intérieur (matériaux régulateur hygroscopique)
  3. Des murs perspirants (les murs respectent la migration des échanges gazeux de l'intérieur vers l'extérieur)
  4. Des matériaux écologiques peu énergivores (nécessitant pour leur fabrication, peu d'énergie grise)
  5. Une masse thermique importante à l'intérieur permettant de garder la chaleur ou la fraîcheur (un mur en terre crue par exemple)
 
 

Quelle solution ? :

 
Pour des anciennes maisons en pierre, sous condition de trouver des personnes compétentes qui connaissent le bâti ancien  (spécialistes des enduits à la chaux et rénovation), le chanvre reste une des solutions d'isolation la plus pertinente, que ce soit en briques ou solution à bancher. 
 
Pour des maisons traditionnelles en isolation intérieur, chercher du côté de l'isocell minéral ou multipor, une isolation extérieur à coller perspirante, qui laissera migrer la vapeur d'eau vers l'extérieur. Éviter à tout prix les enduits plastiques et étanches. Le liège est aussi une bonne solution.
 
Pour les maisons bois, il faudra la aussi faire attention aux isolants déjà utilisés, ne pas contrarier les échanges gazeux, donc évaluer la maison dans sa totalité.
 
Pour ceux qui ne jurent que par des solutions étanches, laines minérales, ect..., même si certaines solutions peuvent être plus performantes que les mêmes solutions avec des matériaux naturels par exemple, il vous faudra revenir sur les problèmes d'échanges gazeux et de vapeur d'eau qu'il faut intégrer sous peine de désordre. Il est totalement impossible de privilégier une solution plutôt qu'une autre, si vous ne connaissez pas les produits à comparer. Connaître ces produits demande donc de les utiliser, de les poser et de vivre avec. 
 
 
 
Pour la construction neuve, 
  • les constructions bois :  Isolation laine de bois, ouate de cellulose, chanvre, ect, avec ajout de murs masses à l'intérieur comme des murs en briques de terre crue pour le confort d'été ou l'augmentation de l'épaisseur des murs en chanvre et chaux banché, pour arriver à une résistance thermique de 6,5 au moins. Attention, dans une construction tout bois, il y a souvent un manque d'humidité, le bois régulant à minima ce paramètre, c'est pour cela que je recommande l'ajout de mur brique terre crue qui corrigera et améliorera l'humidité et le manque de masse thermique pour l'été.
  • Construction termopierre, briques monomur, pierre ponce : On rajoutera dans presque tous les cas une isolation extérieur compatible, toujours pour les échanges gazeux. Un avantage pour le thermopierre ou l'isolation isocell permet un gain de temps conséquent au montage et aux enduits. Pour l'intérieur, un enduit fin à la chaux plus rapide que sur monomur brique qu'il faut préparer, facilité de réaliser les saignées pour le passage des gaines, et rapidité de pose. Je gagne une semaine par rapport aux autres systèmes constructifs. Si la réalisation d'une isolation extérieur ne passe financièrement, il est tout a fait possible de monter 2 rangs de thermopierre de 20 cm (prévoir les fondation ou murs porteurs associés) et de laisser un vide d'air au milieu. Les menuiserie seront posées sur le mur donnant sur l'extérieur, toutes les gaines électrique, ventilation, ect... seront directement inclus dans l'espace entre les 2 murs. Pour arriver au niveau passif, il vous suffira de calculer le type d'isolant que vous pensez mettre en vrac entre les 2 murs à la fin du chantier ou par la suite et de laisser l'espace correspondant à la performance recherchée. Temps de réalisation doublé, mais pas plus long que l'isolation extérieur avec beaucoup d'avantage.
  • Maison en paille, plusieurs méthodes de pose, la méthode Greb ou le mur est banché, mélange chaux intérieur, extérieur me semble une solution en auto construction la plus pertinente. Le mur décoffré est pour ainsi dire fini et donc protégé. Attention à la mise en œuvre qui demande à se rapprocher des associations comme les compaillons.
  • La construction en terre. Sans doute une des solutions les plus écologique et surtout économique, les réponses apportées pourraient être par un mix serre extérieur, murs en terre à l'interieur et conception bioclimatique.
 
 
Les solutions d'isolations intérieurs sont utilisées pour coller à la réglementation RT2012, mais n'apportent qu'une amélioration spartiate au confort
Préférer dans tous les cas, des solutions logiques au traditionnel amélioré.
 
 

 

Question Santé :

 
L'humidité quand elle est gérée, ne pose aucun problème. C'est son excès ou son manque qui pose des problèmes de confort ou de santé.
 
 
 

Question économie :

 

1°C de moins en chauffage, donc de passer de 20°C à 19°C, c'est 7% d'économie. Dans une maison qui régule l'humidité, la température de ressenti est différente d'une maison ou les murs n'ont pas cette fonction, a isolation égale, c'est le degré que vous aurez en moins a chauffer pour le même confort. Un calcul très rapide.

 
 

Question sur la RT2012

 
la RT2012 est déjà applicable depuis le mois de Novembre 2011 sur certains bâtiments, et elle pose déjà de nombreux problèmes. L'abaissement de la consommation énergétique est l'objectif principal de cette réglementation, malheureusement, les premiers retours d'expérience sur projet conduirait à une efficacité énergétique de 10 à 30% de moins par rapport au label BBC. On ne s'en étonnera pas outre mesure, car le moteur de la RT2012 ne prend pas assez en compte l'intégration rapide et flexible de l'ensemble des solutions innovantes. plus d'informations
De plus, les solutions constructives archaïques (parpaing et isolation intérieur) restent toujours d'actualité alors qu'elles n'offrent aucune amélioration significative de confort. Il faudra encore attendre là aussi, un retour d'expérience négatif avant de changer les modes constructifs.
 
 
 
 
Un exemple parmi d'autres, le cas des laines minérales : 
 
Beaucoup trop d'exemples comme celui ci dessous, ici, on retire toute la laine minérale pour la remplacer par un isolant écologique, de la ouate de cellulose. cet isolant était en comble perdu.
En été, la chaleur de la toiture se transfert à l'intérieur de la maison, et la chaleur sort de tous les cotés en hiver. Difficile de concilier économie et confort. Sauf à tout refaire, ce qui est malheureusement la cas. 
  • Pour avoir un déphasage de 10h00, correspondant entre les périodes de forte chaleur et la nuit plus fraîche, il faudrait 55 cm d'épaisseur pour la laine de verre (25 kg au m3) et seulement 22 cm pour la ouate de cellulose (80 kg au m3). 
  • L'inertie thermique est directement liée à la masse volumique, donc au kg par m3, la laine de verre ayant une des masse les plus faible, l'inertie thermique favorable pour les périodes de chaleur estivale, surtout en comble, n'existe donc pas.
Pourquoi ne pas poser la ouate de cellulose directement sur la laine minérale
  • La dégradation avancée de la laine minérale au bout de 3 ans ne permet pas d'envisager cette solution.
  • La laine minérale était en rouleaux et posée sur les chevrons, avec des pertes significatives de place, des trous d'air, des vagues un peu partout, solution douteuse
  • La migration de la vapeur d'eau n'est pas du tout gérée, la laine minérale est hygrophobe mais pas hygroscopique, elle ne sait pas gérer l'humidité et absorbe l'eau, donc difficile de penser qu'elle fera bon ménage avec l'air chaud qui monte, (qui dit chaud, dit plus chargé en humidité, cqfd). Il n'y a alors que la plaque de plâtre en plafond qui fait l'interface,  d'un coté l'air chaud et humide qui monte, de l'autre coté un isolant qui ne sait pas gérer l'humidité et qui a une masse thermique faible, et juste au dessus, de la ouate de cellulose qui a des caractéristiques de régulation de l'humidité... intercaler de la laine de verre entre les deux, viendrait à mettre un kway avant un vêtement respirant. 
 
Le problème est aujourd'hui, de faire reconnaître à chacun, que la maison dans laquelle on vit, n'est pas du tout adaptée pour les 10 prochaines années, je ne parlerai même pas des 20 ou 30 ans suivant, du à l'augmentation des énergies qui se profile rapidement, et surtout de comprendre que l'isolation "Logique & Écologique" et le passage au mix énergétique écologique n'est pas une vue de bobo écolo, mais une solution logique et rationnelle. Donc de choisir tout de suite la bonne solution.
 
Contrairement à ce que l'on pense bien souvent, les maisons en pierres construites avant les années 74, date du premier choc pétrolier sont pour la majorité d'entres elles, mieux notées thermiquement que celles construites après le choc pétrolier. Car après cette période et jusqu'à aujourd'hui, on a construit malheureusement n'importe comment, en privilégiant des solutions d'isolation par l'intérieur avec des matériaux à bas coût. Il aurait suffit à l'époque de se poser simplement quelques questions avant de passer à la phase réalisation. Comme on le dit souvent, il vaut mieux perdre du temps au début pour en gagner ensuite.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Publié le: mercredi 23 mai 2012 (6535 lectures)
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